23.11.08

Le chemin des sortilèges, de Nathalie Rheims

Encore un livre envoyé par "Chez les filles".

Le chemin des sortilèges
est une sorte de roman d'initiation, une "psychanalyse des contes de fées" pour adulte ayant conservé une part d'enfance.

Il se lit vite, il est court et l'écriture est fluide. Mais qu'en reste-t-il une fois les pages refermées ? Une ambiance un peu étrange, quelques questions qui poussent à l'introspection personnelle... et pas grand chose d'autre, je le crains.

Résumons un peu l'histoire : l'héroïne, qui parle à la première personne, prend le train pour aller retrouver un homme qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans, et qui pourtant compte beaucoup pour elle. Il est psychanalyste, et on devine au fil des pages qu'il est sûrement son père. En tous cas, il lui en a tenu lieu, dans un contexte particulier et complexe, dont on peut comprendre qu'il soit perturbant. Dans la maison de cet homme, qui s'est retiré du monde, elle va passer 6 jours, durant lesquels se mêlent intimement ses conversations avec cet homme, les contes de son enfance qu'une main mystérieuse dépose chaque jour dans sa chambre et qu'elle relit, des rêves et des hallucinations. 6 jours pour faire revivre tous les êtres aujourd'hui disparus qui l'ont accompagnée...

Un livre qui nous parle du deuil, et d'une manière de l'accomplir. Qui personnellement me laisse un peu sur ma faim...

Qu'en pensent les blogueurs ? Les avis sont très partagés. Dans les perplexes, voire déçus : Madame Charlotte, Le cri du lézard, Des livres et des heures, Culturofil. Et ceux qui ont aimé : Sylire, une semaine-un chapitre, Livrophage, Echappées, La vie en rouge, Sous le feuillage.

Vous pouvez aussi aller voir le site de l'auteure, avec la bande annonce du livre et une revue de presse, ainsi qu'une interview extraite d'ITV sur livres.tv.

2.11.08

Le fiancé de la lune, d'Eric Genetet

Bon, je suis à la bourre pour rédiger ce billet : ça fait bien trois semaines que Chez les Filles m'a envoyé le bouquin.

Pourtant, il n'est pas long à lire, 125 pages, d'une écriture brève et rapide comme un torrent sur les cailloux. C'est juste moi qui n'avais pas le temps, noyée sous le flot de quotidiens multiples pour lesquels je ne dispose cependant, comme le commun des mortels, que de 24 heures par jour... Alors la belle couverture aux couleurs chaleureuses est restée sur mon bureau, me narguant gentiment.

Les premières pages du livre m'ont irritée. L'écriture me semblait artificielle, cliché, mec qui veut faire celui qui vit avec son temps. Pfff, encore un bouquin de journaliste intoxiqué par le "parler jeune" et le ton faussement enjoué des magazines. La manière dont le personnage est campé, célibataire endurci qui ne s'attache nulle part ni à personne, puis qui comme par hasard rencontre "la" femme avec qui il va vivre un conte de fées, ça ressemblait à un scénario bâclé. Les dialogues, et les textos d'amoureux transi, on les aurait sûrement trouvés touchants si dans la vraie vie un amoureux nous les avait envoyés, mais sur le papier, ça ne fonctionnait pas vraiment... J'ai failli lâcher le bouquin à mi-chemin, en me disant que j'avais d'autres choses plus importantes à faire. Mais comme le roman est court, j'ai décidé de le terminer. Après tout, c'est un premier roman, on peut peut-être pardonner quelques maladresses...

Le roman prend de l'épaisseur quand le narrateur devient père. Qu'il commence à se coltiner avec la vie, la vraie, les pieds dans la glaise, les comptes à régler avec sa propre histoire avant de pouvoir prendre en charge son rôle de parent, les souvenirs qu'on avait noyés dans le mouvement perpétuel d'une vie artificielle toujours entre deux avions ou deux soirées trop arrosées qui remontent à la surface, et dont il faut accepter le sens qu'on n'avait jamais voulu leur voir vraiment.

A ce moment là, on se dit que peut-être le cliché ressemble à un archétype, même s'il aurait sans doute pu être un peu plus travaillé, même si le "roman d'initiation" est un peu trop à la mode en ce moment, et qu'il a sans doute été mieux traité par d'autres.

Je ne vous raconte pas la fin, qui vous tombe dessus comme au(x) héros de l'histoire, et peut-être suis-je trop bon public, mais elle m'a touchée. Le narrateur y semble plus réel, plus incarné, comme si l'auteur s'était dépêché de raconter le début, juste pour en arriver à ce point clef qui en effet donne son sens au roman... Comme si on vivait un peu n'importe comment jusqu'à ce que des choses vraiment importantes vous obligent à prendre la vie au sérieux...

Qu'en pense la blogosphère ? Eh bien, les quelques avis que je viens de lire sont partagés de manière quasiment caricaturale : les hommes aiment beaucoup (Daniel Riot, Trois cafés), et les femmes sont plus ou moins comme moi, pas emballées par la première partie, davantage touchées par la fin du roman (Karine et ses livres, Clavier bien tempéré, Miss Alfie, Cinquième de couverture, Clarabel), parfois plus sévères (La vie en rouge).

Amusant, non, cette ligne de partage ? Les hommes modernes seraient-ils devenus solubles dans l'eau de rose, pendant que les femmes creusent leur sillon dans la terre ferme et veulent du consistant ?

Ne manquez pas de me faire savoir ici ce que vous avez pensé de ce bouquin, pour voir si la théorie se confirme ;-) Mais un petit conseil : si vous avez l'intention de lire le livre, ne lisez pas les billets des filles auparavant, je trouve qu'elles en disent un peu trop sur le contenu du bouquin, et du coup, ça déflore un peu le plaisir de lecture...
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